Droit civil : définition claire, branches principales et cas concrets
Qu'est-ce que le droit civil ? Définition précise, branches (contrats, famille, biens…), différence avec le droit pénal et exemples du quotidien. Guide

Le droit civil est une branche du droit privé qui regroupe l'ensemble des règles régissant le statut des personnes, les biens et les relations entre particuliers. Issu principalement du Code civil promulgué en 1804, il encadre la famille, les contrats, la propriété et la responsabilité. Il se distingue du droit pénal par sa finalité : réparer un préjudice, et non sanctionner une infraction.
Le droit civil est la branche fondamentale du droit privé qui régit les relations entre les personnes physiques et morales dans leur vie quotidienne. Du mariage au contrat de location, de l'achat d'un bien immobilier à un accident causant un dommage : ces situations relèvent toutes du droit civil. Cet article clarifie sa définition, détaille ses sous-ensembles et illustre concrètement son application à travers un litige locatif.
Ce qu'il faut retenir
- Le droit civil, branche du droit privé, régit les relations entre personnes dans leur vie quotidienne (famille, contrats, propriété, responsabilité).
- Le Code civil de 1804 reste le texte fondateur, régulièrement modernisé, notamment la réforme du droit des contrats en 2016.
- Un même litige peut mobiliser plusieurs branches : un dépôt de garantie non restitué convoque le droit des contrats, des biens et la responsabilité civile.
- Le droit civil vise à réparer un préjudice, là où le droit pénal sanctionne une infraction au nom de la société.
- Le délai de prescription de droit commun est de cinq ans (art. 2224 C. civ.) ; des délais spéciaux plus courts existent selon les matières.
Comparatif en un coup d'œil
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| Domaine | Finalité | Parties au procès | Juridiction principale | Issue typique | Texte fondateur |
|---|---|---|---|---|---|
| Droit civil | Réparer un préjudice privé | Demandeur contre défendeur (personnes privées) | Tribunal judiciaire | Dommages et intérêts, exécution forcée | Code civil (1804) |
| Droit pénal | Sanctionner une infraction | Ministère public contre prévenu/accusé | Tribunal correctionnel / Cour d'assises | Amende, emprisonnement, sursis | Code pénal (1994) |
Droit civil : définition et place dans l'ordre juridique français
Le droit civil constitue le tronc commun du droit privé. Il rassemble l'ensemble des règles de droit qui gouvernent le statut des personnes (état civil, capacité juridique) et leurs rapports avec les autres personnes, qu'il s'agisse de liens familiaux, contractuels ou de voisinage. En cela, il se distingue radicalement du droit public, lequel organise les relations entre l'État et les citoyens, ou entre les institutions publiques elles-mêmes.
Dans la hiérarchie des normes juridiques françaises, le droit civil puise ses sources principales dans la Constitution, les traités internationaux ratifiés par la France, la loi au sens formel et, bien entendu, le Code civil. La jurisprudence de la Cour de cassation joue un rôle déterminant dans l'interprétation et l'évolution des règles civiles, sans pour autant créer la loi : notre système reste de tradition civiliste, et non de common law.
À noter que le droit civil ne couvre pas l'intégralité du droit privé : le droit du travail, le droit commercial ou le droit de la consommation constituent des branches autonomes, dotées de leurs propres codes et de juridictions spécialisées (conseil de prud'hommes, tribunal de commerce). Le droit civil demeure toutefois le droit commun, applicable à défaut de règles spéciales.
Le droit civil, branche du droit privé
L'opposition droit privé / droit public structure l'ensemble de l'ordre juridique français. Le droit privé régit les rapports entre personnes privées : physiques (M. Dupont, Mme Martin) ou morales (une société, une association). Le droit public, lui, encadre l'action des personnes publiques (l'État, les collectivités territoriales, les établissements publics).
Le droit civil forme le noyau dur du droit privé. Historiquement, il en est la matrice : le Code civil de 1804 a précédé tous les autres codes (Code de commerce en 1807, Code pénal en 1810). Aujourd'hui encore, lorsqu'une situation juridique n'est régie par aucun texte spécial, c'est le droit civil qui s'applique à titre subsidiaire. Cette fonction de droit commun explique son importance centrale dans la formation des juristes et dans la résolution des litiges du quotidien.
Le Code civil, socle historique depuis 1804
Promulgué le 21 mars 1804 sous l'impulsion de Napoléon Bonaparte, le Code civil : souvent appelé Code Napoléon : reste la colonne vertébrale du droit civil français. Il a connu de nombreuses réformes depuis son adoption : refonte du droit de la famille dans les années 1960-1970, réforme du droit des contrats en 2016, modernisation du droit des sûretés en 2021.
Le Code civil est accessible gratuitement sur Légifrance (source officielle, 2026). Il est organisé en livres thématiques : le Livre Ier traite des personnes, le Livre II des biens et de la propriété, le Livre III des différentes manières d'acquérir la propriété (successions, obligations, contrats), le Livre IV des sûretés. Cette architecture, pour l'essentiel inchangée depuis deux siècles, témoigne de la remarquable stabilité de la matière.
Droit civil vs droits civils : une distinction essentielle
L'erreur est fréquente, y compris dans les médias : confondre le droit civil (branche du droit privé) et les droits civils au sens de prérogatives individuelles. Le droit civil est une discipline juridique, un corps de règles. Les droits civils, eux, désignent les libertés fondamentales reconnues aux individus : liberté d'expression, droit de vote, liberté de circulation, droit au respect de la vie privée.
Ces droits civils sont protégés par des textes de nature diverse : la Constitution, la Convention européenne des droits de l'homme, le Code civil lui-même pour certains d'entre eux (article 9 sur le respect de la vie privée). Ils relèvent à la fois du droit constitutionnel et du droit civil, mais leur définition et leur régime ne se confondent pas avec la branche « droit civil » au sens académique et procédural du terme.
Les grandes branches du droit civil expliquées
Le droit civil n'est pas un bloc monolithique. Il se décline en plusieurs sous-ensembles, chacun doté de règles propres tout en restant interconnecté. Voici les principales branches, illustrées par des situations concrètes du quotidien.
- Droit des personnes : il fixe le statut juridique de chaque individu (nom, domicile, état civil, capacité). La naissance, le changement de nom, la protection des majeurs vulnérables (tutelle, curatelle) relèvent de cette branche.
- Droit de la famille : mariage, Pacs, divorce, filiation, adoption, autorité parentale. Il régit les liens personnels et patrimoniaux au sein du couple et de la famille, de l'union à la séparation.
- Droit des biens : propriété, usufruit, servitudes, possession. Il définit les rapports entre les personnes et les choses, qu'il s'agisse d'un appartement, d'un terrain ou d'un droit incorporel.
- Droit des obligations et des contrats : il encadre la formation, l'exécution et la fin des contrats (vente, bail, prêt, mandat) ainsi que les obligations légales (quasi-contrats, enrichissement sans cause).
- Responsabilité civile : elle impose à l'auteur d'un dommage de le réparer. On distingue la responsabilité contractuelle (inexécution d'un contrat) de la responsabilité extracontractuelle, fondée sur les articles 1240 et suivants du Code civil.
- Droit des successions et des libéralités : il organise la transmission du patrimoine après le décès (dévolution légale, testament, donation entre vifs).
- Droit des sûretés : il regroupe les garanties destinées à protéger le créancier contre l'insolvabilité de son débiteur (cautionnement, hypothèque, gage, nantissement).
- Droit des baux et de la copropriété : cette branche concerne les locations d'habitation, les baux commerciaux et l'organisation des immeubles en copropriété.
Cette liste n'est pas exhaustive. D'autres branches, comme le droit des régimes matrimoniaux ou le droit des assurances, complètent l'édifice du droit civil.
Droit des personnes et état civil
Le droit des personnes répond à une question fondamentale : qui est titulaire de droits et d'obligations ? Il attribue à chaque personne physique un état civil (nom, prénom, sexe, filiation, nationalité, domicile) et détermine sa capacité juridique. Un mineur non émancipé, par exemple, est frappé d'une incapacité d'exercice : il ne peut conclure seul un contrat, ses représentants légaux agissent en son nom.
Cette branche couvre aussi la protection des majeurs vulnérables. La loi du 5 mars 2007 a réformé les mesures de tutelle, curatelle et sauvegarde de justice, en posant le principe de nécessité et de subsidiarité : une mesure de protection n'est prononcée que si les mécanismes moins contraignants (mandat de protection future, habilitation familiale) s'avèrent insuffisants.
Droit de la famille : mariage, filiation, divorce
Le droit de la famille a connu les mutations les plus profondes depuis un demi-siècle. La loi du 11 juillet 1975 a introduit le divorce par consentement mutuel ; la réforme du 18 novembre 2016 a déjudiciarisé cette procédure, le divorce sans juge devenant possible par acte d'avocat. La filiation, quant à elle, peut être établie par l'effet de la loi (présomption de paternité dans le mariage), par reconnaissance volontaire ou par jugement (action en recherche de paternité).
Le Pacs, créé par la loi du 15 novembre 1999, coexiste avec le mariage comme forme d'union civile. Ses effets patrimoniaux et successoraux diffèrent sensiblement : les partenaires de Pacs ne sont pas héritiers légaux l'un de l'autre, sauf disposition testamentaire expresse.
Droit des biens et droit des contrats
Le droit des biens classe les choses en meubles et immeubles, corporels et incorporels. La propriété confère à son titulaire l'usus (droit d'user de la chose), le fructus (droit d'en percevoir les fruits) et l'abusus (droit d'en disposer). Ces prérogatives sont énoncées à l'article 544 du Code civil.
Le droit des contrats, profondément refondu par l'ordonnance du 10 février 2016, repose sur trois piliers : la liberté contractuelle, la force obligatoire du contrat et la bonne foi. L'article 1101 du Code civil définit le contrat comme « un accord de volontés entre deux ou plusieurs personnes destiné à créer, modifier, transmettre ou éteindre des obligations ». La vente d'un véhicule entre particuliers, l'abonnement à un service en ligne ou la souscription d'un crédit immobilier sont autant de contrats régis par ces règles.
Droit des obligations et responsabilité civile
Le droit des obligations structure l'ensemble des liens juridiques entre débiteur et créancier. Une obligation peut naître d'un contrat, d'un acte unilatéral, d'un quasi-contrat (gestion d'affaires, enrichissement injustifié) ou d'un fait dommageable.
La responsabilité civile intervient précisément lorsque ce fait dommageable cause un préjudice à autrui. L'article 1240 du Code civil pose le principe : « Tout fait quelconque de l'homme qui cause à autrui un dommage oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer. » La victime doit prouver une faute, un préjudice et un lien de causalité. Un automobiliste qui percute un piéton en grillant un feu rouge engage sa responsabilité civile ; un médecin qui commet une erreur de diagnostic également, cette fois sur le fondement de la responsabilité professionnelle.
Autres branches : successions, sûretés, baux locatifs
Le droit des successions détermine qui hérite, et dans quelles proportions. Le Code civil fixe un ordre de priorité : descendants, conjoint survivant, ascendants, collatéraux. La réserve héréditaire protège les enfants contre l'exhérédation totale : une part minimale du patrimoine leur revient obligatoirement.
Le droit des sûretés, modernisé par l'ordonnance du 15 septembre 2021, offre aux créanciers des garanties contre le risque de non-paiement. Le cautionnement bancaire exigé par un propriétaire bailleur en est l'exemple le plus courant. Enfin, le droit des baux encadre strictement les relations locatives : la loi du 6 juillet 1989 régit les locations d'habitation à usage de résidence principale et impose des obligations précises aux deux parties, notamment en matière de dépôt de garantie et de réparations locatives.
Cas pratique : comment le droit civil s'applique dans un litige locatif
Un même litige mobilise fréquemment plusieurs branches du droit civil. Prenons une situation concrète, inspirée de contentieux locatifs récurrents.
Mme Leroy loue un appartement à Lyon depuis trois ans. Elle donne congé le 1er mars 2026 et quitte les lieux le 31 mars, après un état des lieux de sortie conforme à l'état des lieux d'entrée. Son bailleur, M. Caron, conserve le dépôt de garantie de 900 euros au-delà du délai légal de restitution. Aucune retenue n'est justifiée par écrit. Après plusieurs relances amiables restées sans réponse, Mme Leroy envisage une action en justice.
Ce scénario, banal, active trois branches du droit civil : le droit des contrats (le bail est un contrat), le droit des biens (la restitution du dépôt de garantie touche au patrimoine) et la responsabilité civile contractuelle (le bailleur manque à son obligation de restitution).
Le scénario : dépôt de garantie non restitué
Le bail d'habitation de Mme Leroy est régi par la loi du 6 juillet 1989. L'article 22 de cette loi impose au bailleur de restituer le dépôt de garantie dans un délai maximal de deux mois à compter de la remise des clés, si l'état des lieux de sortie est conforme. Ce délai est réduit à un mois lorsque l'état des lieux de sortie est identique à l'état des lieux d'entrée.
Dans le cas de Mme Leroy, l'état des lieux étant conforme, le délai d'un mois s'applique. M. Caron aurait dû restituer les 900 euros avant le 30 avril 2026. Passé ce délai, le dépôt de garantie produit des intérêts au taux légal au profit du locataire (article 22, alinéa 7 de la loi de 1989). Au 1er août 2026, la somme due atteint environ 915 euros, intérêts compris.
Quelle juridiction civile saisir ?
Mme Leroy doit saisir le tribunal judiciaire, plus précisément le juge des contentieux de la protection, compétent pour les litiges relatifs aux baux d'habitation. La demande porte sur une somme inférieure à 5 000 euros : la procédure est dispensée du ministère d'avocat obligatoire.
Mme Leroy peut assigner M. Caron par acte de commissaire de justice (anciennement huissier) ou, depuis la réforme de 2020, déposer une requête au greffe. La prescription est de trois ans pour les actions en restitution du dépôt de garantie, en application de l'article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989. Le point de départ court à compter de l'expiration du délai de restitution.
En pratique, le juge des contentieux de la protection statue selon une procédure orale. Mme Leroy présente ses pièces : bail, état des lieux d'entrée et de sortie, mise en demeure restée sans réponse. Le juge applique les règles du Code civil et de la loi de 1989 pour condamner le bailleur à restitution, majorée des intérêts de retard.
Les règles de droit applicables étape par étape
Trois corps de règles s'articulent dans ce litige.
D'abord, le droit des contrats : le bail est un contrat synallagmatique encadré par les articles 1709 et suivants du Code civil, complétés par la loi de 1989 pour les baux d'habitation. Le contrat impose au bailleur une obligation de restitution du dépôt de garantie.
Ensuite, la responsabilité civile contractuelle : le manquement du bailleur à son obligation contractuelle cause un préjudice financier à Mme Leroy (privation des 900 euros, frais éventuels de relance). L'article 1231-1 du Code civil dispose que le débiteur est condamné au paiement de dommages et intérêts en cas d'inexécution de l'obligation.
Enfin, le droit des biens : le dépôt de garantie reste la propriété du locataire pendant toute la durée du bail. Le bailleur n'en est que détenteur précaire. La non-restitution s'analyse juridiquement comme une atteinte au droit de propriété de Mme Leroy, protégé par l'article 544 du Code civil tout autant que par l'article 1er du Protocole additionnel à la Convention européenne des droits de l'homme.
Quelle est la différence entre le droit civil et le droit pénal ?
La confusion entre droit civil et droit pénal est l'une des plus fréquentes chez les non-juristes. Elle s'explique en partie par le vocabulaire : une victime peut se constituer partie civile dans un procès pénal pour obtenir réparation de son préjudice. Mais cette « partie civile » relève bien de l'action civile, portée devant le juge pénal par simple commodité procédurale.
Fondamentalement, droit civil et droit pénal poursuivent des finalités opposées. Le droit civil cherche à réparer, à remettre les choses en l'état autant que possible, ou à compenser par équivalent (dommages et intérêts). Le droit pénal, lui, vise à sanctionner un comportement prohibé par la loi, au nom de la société tout entière.
Les parties au procès diffèrent radicalement. En droit civil, le demandeur et le défendeur sont des personnes privées. En droit pénal, le ministère public (procureur de la République) poursuit l'auteur présumé d'une infraction. La victime n'est qu'une partie intervenante, et non l'accusateur principal.
Quant aux sanctions, elles n'ont rien de commun : le juge civil prononce des condamnations pécuniaires (dommages et intérêts) ou des mesures en nature (expulsion, remise en état). Le juge pénal inflige des peines d'amende, d'emprisonnement, de travail d'intérêt général ou des peines complémentaires (interdictions, confiscations).
Droit civil : réparer un préjudice entre personnes
Le procès civil oppose un demandeur qui s'estime victime d'un préjudice à un défendeur dont il considère qu'il en est responsable. La charge de la preuve incombe au demandeur : c'est à lui de démontrer la faute, le préjudice et le lien causal (articles 1240 et suivants du Code civil).
Le juge civil ne peut statuer au-delà de ce qui lui est demandé : c'est le principe dispositif. Les parties délimitent le litige par leurs conclusions ; le juge tranche dans ce cadre. S'il accorde des dommages et intérêts, leur montant doit correspondre au préjudice effectivement subi : ni plus, ni moins. Le droit civil prohibe les dommages punitifs, contrairement au droit américain.
Droit pénal : sanctionner un comportement interdit par la loi
Le procès pénal est dominé par deux principes cardinaux : la présomption d'innocence et la légalité des délits et des peines. Nul ne peut être poursuivi pour des faits qui ne sont pas expressément incriminés par un texte (article 111-3 du Code pénal).
À la différence du procès civil, le juge pénal dispose d'un pouvoir d'initiative probatoire : il peut ordonner des investigations, entendre des témoins, diligenter des expertises, sans attendre que les parties le sollicitent. La procédure est inquisitoire durant l'enquête et l'instruction, puis accusatoire à l'audience. Le verdict aboutit à une relaxe ou à une condamnation pénale. Cette dernière peut inclure des dommages et intérêts pour la partie civile, mais la peine principale (amende, prison) relève exclusivement de la sanction pénale.
Tableau comparatif droit civil / droit pénal
Le tableau ci-dessous synthétise les différences structurelles entre ces deux branches du droit. Chaque ligne mérite d'être lue avec attention : derrière ces distinctions techniques se jouent des enjeux très concrets de stratégie judiciaire.
Une victime d'une agression, par exemple, peut agir sur les deux plans simultanément : porter plainte au pénal pour faire sanctionner l'agresseur et se constituer partie civile pour obtenir des dommages et intérêts. C'est le mécanisme de la double action, civile et pénale, qui illustre la complémentarité des deux branches sans jamais les confondre.
Cours de droit civil : ce que tout non-juriste devrait retenir
Aborder le droit civil sans être juriste peut intimider. Pourtant, quelques réflexes simples permettent de naviguer dans la matière avec davantage d'assurance. Ces repères ne remplacent pas la consultation d'un professionnel, mais ils aident à poser les bonnes questions et à ne pas laisser passer des délais fatals.
Le premier réflexe consiste à identifier la branche concernée par la situation. Un conflit familial mobilise le droit de la famille ; un désaccord sur des travaux dans une copropriété convoque le droit des biens et le statut de la copropriété ; un accident de la circulation relève de la responsabilité civile. Cette identification sommaire oriente déjà vers les bons textes et les bons interlocuteurs.
Le deuxième réflexe, crucial, est de vérifier le délai de prescription applicable. En droit civil, le délai de droit commun est de cinq ans (article 2224 du Code civil). Mais des prescriptions spéciales existent : trois ans pour les loyers impayés, deux ans pour contester une décision d'assemblée générale de copropriété. Un délai dépassé rend l'action irrecevable, quels que soient les mérites du dossier.
Identifier la branche du droit civil concernée
Face à une difficulté juridique, commencez par qualifier la situation. Un contrat a-t-il été conclu ? Un dommage a-t-il été subi ? Un membre de la famille est-il impliqué ? La réponse à ces questions permet de rattacher le problème à une branche du droit civil.
Cette qualification est déterminante pour deux raisons. Primo, elle désigne les textes applicables (Code civil, lois spéciales). Secundo, elle oriente vers la juridiction compétente : un litige contractuel entre deux entreprises peut relever du tribunal de commerce ; un conflit entre voisins propriétaires, du tribunal judiciaire. L'erreur de qualification conduit à des erreurs de procédure coûteuses en temps et en argent.
Vérifier les délais de prescription
La prescription éteint l'action en justice après un certain temps. En matière civile, le délai de droit commun est de cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer (article 2224 du Code civil).
Certaines actions se prescrivent plus rapidement. L'action en responsabilité civile contre un constructeur pour des désordres relevant de la garantie décennale doit être intentée dans les dix ans suivant la réception des travaux (article 1792-4-1 du Code civil). L'action en nullité d'une délibération d'assemblée générale de copropriété se prescrit par deux mois à compter de la notification du procès-verbal. Ces délais sont stricts et leur non-respect entraîne l'irrecevabilité de la demande : le fond du dossier n'est même pas examiné.
Quand consulter un avocat en droit civil ?
L'avocat n'est pas obligatoire devant toutes les juridictions civiles. Devant le tribunal judiciaire, sa représentation est exigée pour les litiges supérieurs à 5 000 euros. Devant le juge des contentieux de la protection ou le tribunal de proximité (litiges inférieurs à 5 000 euros), le justiciable peut se défendre seul.
Pour autant, la technicité de nombreuses procédures civiles rend le conseil d'un avocat précieux, même lorsque sa présence n'est pas légalement obligatoire. La rédaction d'une assignation, l'articulation des moyens de droit, l'administration de la preuve sont autant d'exercices où l'expérience d'un professionnel fait la différence. La plupart des barreaux proposent des consultations gratuites ou à tarif modéré, qui permettent d'évaluer la solidité d'un dossier avant d'engager une procédure.
Fiche pratique
| Textes fondateurs | Code civil (promulgué le 21 mars 1804), régulièrement mis à jour. Accessible sur Légifrance. |
| Principales branches | Droit des personnes, droit de la famille, droit des biens, droit des obligations et contrats, responsabilité civile (art. 1240 et s. C. civ.), droit des successions, droit des sûretés, droit des baux et de la copropriété. |
| Juridictions civiles | Tribunal judiciaire (litiges > 5 000 €), juge des contentieux de la protection (baux, crédit conso < 5 000 €), tribunal de proximité (< 5 000 €), cour d'appel, Cour de cassation. |
| Prescription de droit commun | 5 ans (article 2224 du Code civil) à compter de la connaissance des faits. |
| Ministère d'avocat | Obligatoire devant le tribunal judiciaire pour les litiges > 5 000 €. Facultatif devant le juge des contentieux de la protection et le tribunal de proximité. |
| Sources officielles | Légifrance (legifrance.gouv.fr), Service-public.fr (service-public.fr), Cour de cassation (courdecassation.fr). |
Face à la complexité de certaines situations, le recours à des avocats en droit des affaires peut s'avérer nécessaire, que ce soit pour des questions contractuelles ou des litiges commerciaux.
Sources
Les informations ci-dessus sont indicatives et n'engagent pas leur auteur. Faites valider votre situation par un avocat avant toute démarche contentieuse.
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Questions pratiques
Comment définir le droit civil ?
Le droit civil se définit comme la branche du droit privé qui regroupe l'ensemble des règles relatives au statut des personnes physiques et morales, aux biens, et aux relations juridiques entre particuliers (contrats, famille, responsabilité). Il tire l'essentiel de ses règles du Code civil promulgué en 1804.
Qu'est-ce que le droit civil ?
Le droit civil est le socle du droit privé français. Il encadre les rapports juridiques entre les personnes dans leur vie quotidienne : mariage, divorce, filiation, contrats, propriété, successions. Il se distingue du droit pénal (qui sanctionne les infractions) et du droit public (qui régit les relations avec l'État et les administrations).
Quel est un exemple de droit civil ?
Un exemple classique : un locataire dont le dépôt de garantie n'est pas restitué dans le délai légal. Cette situation mobilise le droit des contrats (le bail), le droit des biens (la propriété sur la somme) et la responsabilité civile contractuelle (le manquement du bailleur). La juridiction compétente est le juge des contentieux de la protection.
Quelle est la différence entre le droit civil et le droit pénal ?
Le droit civil vise à réparer un préjudice entre personnes privées (dommages et intérêts). Le droit pénal sanctionne un comportement interdit par la loi au nom de la société (amende, prison). Les juridictions diffèrent : tribunal judiciaire pour le civil, tribunal correctionnel ou cour d'assises pour le pénal.
